Carnet de route

Raid en Suisse du 6 au 10 avril 2011 ; la Haute route Impériale

Le 06/04/2011 par Philippe Lebourg

Premier jour 6 avril :

Nous sommes 10 au total dont deux encadrants, Bernard Bernet et Christian Fey, pour ce raid en Suisse qui doit nous emmener du village de  Turtmann jusqu'à Zermatt.

Les participants sont donc : Nathalie D. et son mari Patrick, Thierry H., Philippe L. le rédacteur du présent, Pascal M., David M., David T. et Alain V.

Grâce au minibus du syndicat intercommunal et de la voiture de  Pascal, nous voilà partis mercredi 6 avril dès potron minet vers Chamonix, la Suisse et notre destination, le village de Turtmann.

De là, nous prenons un petit télécabine qui nous monte jusqu'à 1300 m d'altitude. Nous commençons  à marcher à 10 h 30, bien évidemment, sacs lourds et skis dessus en plus.

Nous remontons la vallée par une route goudronnée  mais fermée à la circulation, et cela va durer 2 heures 30 avant de trouver la neige vers 1700 m et de pouvoir chausser. Il fait très chaud.

La suite  est particulièrement longue  et le refuge "Türtmannhütte" situé à 2519 m ne sera atteint que vers 17 h 00 et même plus tard pour certains après un dernier éboulis à gravir skis sur le sac.

Thierry, malade, n'arrive pas à s'alimenter. Nous allons nous coucher de bonne heure.

Dénivelé Positif : 1220 m

 

Deuxième jour 7 avril :

Réveil 5 h 20. Départ skis sur le sac, puis crampons aux pieds pour gravir un petit couloir sympathique  par sa raideur  et rejoindre le glacier du Brünegghorn. Nous abandonnons l'idée de faire le sommet du même nom mais progressons jusqu'à la côte 3250 m du glacier. Un énorme sérac a du tomber récemment qui donne l'occasion d'une belle photo. Nous perdons ensuite 500 mètres avant de repeauter et de rejoindre le refuge de Tracuit, situé à 3250 m.

Au passage, nous apercevons le Bishorn (4153 m), objectif du lendemain. Il a l'air en excellente condition. A 13 h 30, nous sommes rendus. Le panorama autour du refuge est inouï.

Dénivelé Positif : 1240 m

 

Troisième jour 8 avril :

Réveil 4 h 30 pour un départ à la frontale à 5 h 50. Nous avons laissé au refuge quelques affaires inutiles à cette ascension puisque nous allons y  repasser. La progression sur le glacier du Bishorn est lente mais obstinée.

Un peu de vent vient rafraichir l'atmosphère. Il oblige à se couvrir. Bernard mène la caravane avec toute sa connaissance des glaciers et nous évite crevasses et ponts de neige douteux.

Il a fallu mettre les couteaux et pour la dernière arête sommitale très courte mais pentue, nous laissons les skis et nous nous encordons, crampons aux pieds. Au sommet, le panorama est  splendide.

Nous ne nous attardons pas car la route est longue. Prudemment, nous  descendons jusqu’au refuge où nous reprenons nos affaires mais aussi la bouffe achetée pour le soir et le lendemain matin, le prochain refuge n'étant pas gardé.

Sous le refuge de Tracuit, un petit passage oblige à désescalader, skis sur le sac. Christian nous pose une corde fixe bien utile. Puis à la cote 2750 m, nous devons repeauter  pour rejoindre le col du Milon à 3005 m. Il fait vraiment chaud.

Derrière ce col, un petit éboulis pentu, sans neige, oblige une nouvelle fois Christian qui avait pris de l'avance avec Pascal, à ressortir la corde pour nous assurer une descente tranquille.

Nous pouvons alors rechausser pour la dernière descente vers le refuge d'Arpittettaz (2786 m). La neige est pourrie par la chaleur  et les aventures burlesques ne se comptent plus. Ce petit refuge est super sympa. Nous dégageons la terrasse à la pelle et nous avons le plaisir de voir arriver le gardien bénévole qui faisait une rando dans le coin avec un ami. Nous mettons tout en commun pour une soirée agréable.

Dénivelé Positif : 1200 m

 

Quatrième jour 9 avril :

Réveil à 5 h 30 et départ au jour à 6 h 30. Le cheminement pour rejoindre en ski le bas des séracs du glacier de Momina est un peu problématique du fait du manque de neige. Nous mettons les peaux sous le Besso vers 2750 m.

La montée  sous les séracs est fantastique de beauté. Le rythme du Bernard permet de s'économiser. Arrivés au Dôme du Blanc à 3582 m,  deux cordées de trois se lancent sur l'arête particulièrement effilée du Blanc jusqu'à la côte 3679 m pour prendre pied sur le glacier du Moutet et filer jusqu'au refuge du Grand Moutet (2886 m) sur une neige de rêve. La troisième cordée de 4, jouant la sécurité et emmenée par Bernard, remonte à pied jusqu'au Dôme à 3638 m pour pouvoir ensuite désescalader l'arête annoncée moins aérienne. Elle passe beaucoup de temps à descendre sur un terrain mixte pas si facile que ça dans ce sens-là. Enfin, il est possible de rechausser les skis et de filer en bas dans une neige qui devient de plus en plus pourrie. Il faut repeauter  pour atteindre le refuge où les premiers arrivés nous encouragent de la voix. Beau refuge mais cher.

Dénivelé Positif : 1018 m

 

Cinquième jour 10 avril :

Lever 5 h 00 pour un départ en descente dans la moraine à 6 h 00 et donc à la frontale. Le cheminement n'est pas évident du fait de l'obscurité et du manque de neige. Celle qui reste est béton et les quelques rochers que nous accrochons au passage laissent échapper de belles étincelles (dixit le serre-file). Nous mettons les peaux sous le glacier Durand vers 2800 m et à part le final bien raide et nécessitant les couteaux, la montée est belle. A 8 h 30, nous sommes au col à 3438 m. Pile en face du Cervin !

Les appareils photos sont en action.

Petite descente avant de remettre les peaux pour remonter le glacier d'Arben (très bel itinéraire conseillé par le gardien du refuge) et atteindre la côte 3410 m. A partir de là, il n'y a plus que de la descente jusqu'à Zermatt.

Nous profitons pleinement de la première partie sur une neige bien douce et des paysages fabuleux.

A partir de 2350 m environ, le parcours est entrecoupé de petits passages où il faut déchausser, puis porter avant de rejoindre une piste de ski. Celle-ci, grâce aux canons à neige, nous emmène jusqu'au télécabine de Furi puis jusqu'à l'entrée de Zermatt à 1600 m.

Bernard l'avait dit, c'est fait! Une bière vite avalée au buffet de la gare et nous prenons successivement 2 trains qui nous ramènent à Turtmann.

De la gare, les chauffeurs vont à pied chercher les voitures laissées  dans le haut village. Nous nous changeons et prenons la route du retour non sans avaler une pizza à Chamonix. Retour à Modane vers 21 h 30.

Dénivelé Positif : 800 m

 

Bilan :

Dénivelé Positif Total : 5580 m

Aucun incident ni blessure. Juste une rondelle de bâton cassée !

 

Grand merci à nos encadrants, à notre club et au syndicat intercommunal du canton de Modane pour le prêt du minibus. L'effort consenti par un groupe soudé ainsi que les paysages exceptionnels rencontrés nous laisseront sans aucun doute un merveilleux souvenir.

 

Plus de photos ICI.







CLUB ALPIN FRANCAIS MODANE THABOR
90 RUE DE POLSET
73500  MODANE
Activités du club
Agenda